Il est 3 h 12. Vous le savez parce que vous avez regardé. Vous vous êtes réveillé·e sans raison, et depuis, la tête a repris le travail : la discussion d’hier, la liste de demain, le calcul des heures qu’il reste avant le réveil. Le corps est fatigué. La tête, elle, a rallumé toutes les lumières.
Au matin, vous avez dormi sept heures sur le papier. Vous vous levez comme si vous en aviez dormi quatre.
Si vous vous reconnaissez, cet article est pour vous. Difficulté à s’endormir, réveils au milieu de la nuit, sommeil qui ne repose pas : voici ce qui se joue réellement, ce que la recherche dit de l’hypnose et du sommeil, et comment je travaille là-dessus au cabinet, à Lausanne.
Un tiers de la population suisse dort mal
Ce n’est pas vous. Ou plutôt : ce n’est pas seulement vous.
Selon l’Enquête suisse sur la santé, un tiers de la population souffrait de troubles du sommeil en 2022 (33 %, contre 28 % en 1997). Pour 26 % des personnes, ces troubles sont modérés ; pour 7 %, ils sont considérés comme pathologiques. Les femmes sont plus touchées (37 %) que les hommes (29 %).
Le chiffre le plus parlant est peut-être celui-ci : près d’une personne sur deux (48 %) déclare se réveiller plusieurs fois par nuit, parfois ou souvent. Le réveil de 3 h n’est pas une bizarrerie. C’est le trouble du sommeil le plus répandu du pays.
L’enquête montre aussi à quel point le sommeil et le reste se tiennent : parmi les personnes souffrant de troubles pathologiques du sommeil, 41 % présentent un risque de burnout, contre 17 % chez celles qui dorment bien. On ne sait pas toujours ce qui vient en premier. On sait que les deux s’entretiennent.
Ce qui se passe vraiment : un corps qui reste en service
Pendant longtemps, on a cru que mal dormir était un problème de sommeil. La recherche des vingt dernières années raconte autre chose : chez beaucoup de personnes, c’est d’abord un problème d’éveil.
Une synthèse de référence sur l’insomnie a rassemblé des mesures cardiaques, hormonales, électriques et d’imagerie cérébrale. Elles pointent toutes dans la même direction : chez les personnes qui dorment mal, le niveau d’activation reste plus élevé que la normale, la nuit comme le jour. Le cœur bat un peu plus vite, les hormones du stress restent un peu plus hautes, le cerveau reste un peu plus actif. Ce n’est pas que le sommeil ne vient pas. C’est que quelque chose l’empêche de s’installer.
Une image me sert souvent au cabinet. Imaginez un gardien de nuit très consciencieux. Sa mission : vérifier que tout va bien. Le problème, c’est qu’il ne s’arrête jamais. Il refait ses rondes, ouvre chaque porte, contrôle chaque fenêtre, et vers 3 h, il vient vous réveiller pour vous faire son rapport. Il ne le fait pas contre vous. Il fait ce qu’il croit être son travail. Personne ne lui a dit que la nuit, il pouvait se reposer aussi. C’est souvent le même gardien que celui du stress qui ne redescend plus dans la journée.
Et puis il y a la boucle. On a mal dormi une fois, deux fois, une semaine. Le coucher devient un moment qu’on redoute. On se surveille : « est-ce que je vais y arriver ce soir ? ». Cette surveillance est elle-même une forme d’éveil. On finit par avoir peur de ne pas dormir, et cette peur suffit à ne pas dormir. La même synthèse décrit précisément ce mécanisme : les pensées qui tournent et les habitudes prises pour « gérer » le problème (rester au lit plus longtemps, regarder l’heure, récupérer le week-end) entretiennent l’insomnie plus qu’elles ne la corrigent.
Ce que dit la recherche sur l’hypnose et le sommeil
Commençons par ce qui est solide, puis par ce qui l’est moins.
Des chercheur·euses suisses ont publié en 2014, dans la revue Sleep, une étude devenue une référence. Septante femmes en bonne santé ont fait une sieste de 90 minutes en laboratoire, après avoir écouté soit un texte hypnotique les invitant à « dormir plus profondément », soit un texte neutre. Chez les personnes réceptives à l’hypnose, le sommeil lent profond, celui qui répare, a augmenté de 81 %, et le temps passé éveillé pendant la sieste a diminué de 67 %. Chez les personnes peu réceptives, rien n’a changé.
La même équipe a ensuite refait l’expérience sur des nuits complètes, avec 43 jeunes adultes (2020). Même résultat : davantage de sommeil profond après les suggestions hypnotiques chez les personnes hautement hypnotisables, surtout en début de nuit.
Deux nuances, et je tiens à les donner. Ces études portent sur des personnes qui dorment bien, pas sur des personnes insomniaques. Et l’effet dépend de la réceptivité à l’hypnose, qui varie d’une personne à l’autre.
Le tableau d’ensemble est plus mesuré. Une revue systématique de 2018 a passé au crible 24 études sur l’hypnose et le sommeil : 58,3 % rapportent un bénéfice, 12,5 % des résultats mitigés, 29,2 % aucun bénéfice. Les auteur·ices concluent que l’hypnose est une approche prometteuse pour les troubles du sommeil, avec très peu d’effets indésirables, mais que les études sont encore trop petites et trop peu nombreuses pour trancher.
Traduction honnête : l’hypnose agit sur quelque chose de réel dans le sommeil, c’est mesurable, et ce n’est pas une garantie. Si quelqu’un vous promet des nuits parfaites en une séance, méfiez-vous.
Comment l’hypnose peut aider à mieux dormir
Au cabinet, on ne travaille pas « sur le sommeil ». On ne peut pas décider de dormir, vous l’avez déjà constaté. On travaille sur ce qui l’empêche.
L’état dans lequel vous arrivez au lit. L’hypnose est d’abord un entraînement à la désactivation. En séance, votre corps refait l’expérience d’un état calme et profond, sous guidage. Il retrouve un chemin qu’il avait perdu. Puis on l’entraîne à le reprendre seul.
Le gardien de nuit. On s’adresse à la partie de vous qui reste en veille. Pas pour la faire taire de force, mais pour lui donner ce qui lui manque : le signal que la journée est finie et que la surveillance peut baisser d’un cran.
La boucle de l’appréhension. On travaille sur le coucher lui-même, pour qu’il redevienne un moment neutre, puis agréable. Et sur le réveil de 3 h, pour qu’il redevienne ce qu’il est chez les personnes qui dorment bien : un passage, pas un début de journée.
Ce qui tourne dans la tête. Quand les nuits sont occupées par un souci précis (le travail, une décision, une inquiétude), on le traite. Souvent, le sommeil suit.
Je pratique l’hypnose Elmanienne OMNI®, une hypnose structurée et directe, orientée vers l’objectif. Et je transmets à chaque personne une technique d’autohypnose, parce que c’est vous qui serez là à 3 h du matin, pas moi.
Mon approche : les nuits, je connais
Je suis ambulancier diplômé ES, devenu hypnothérapeute à Lausanne. Dix ans d’ambulance, c’est aussi des nuits de garde : des réveils en sursaut, des retours au lit entre deux interventions, des matins qui commencent l’après-midi. J’ai appris une chose là-dessus : on ne force pas un corps à dormir. On lui donne les conditions, et on lui fait confiance.
C’est exactement ce qu’on construit en séance.
Questions fréquentes
Combien de séances faut-il ?
Cela dépend de ce qui empêche le sommeil. Une appréhension du coucher installée depuis quelques mois se travaille souvent en quelques séances. Un sommeil abîmé depuis des années demande davantage. La première séance (2 h) sert à comprendre ce qui se joue chez vous.
L’hypnose, c’est du sommeil ?
Non, et c’est une bonne nouvelle. En séance, vous restez conscient·e, vous entendez tout, vous pouvez interrompre. Ce que vous apprenez, c’est à descendre volontairement dans un état calme et profond. C’est cet apprentissage qui sert ensuite, le soir, dans votre lit.
Et si c’est plus que du mauvais sommeil ?
Ronflements avec pauses respiratoires, somnolence forte dans la journée, jambes qui bougent la nuit, insomnie qui dure depuis plus de trois mois : ces situations relèvent d’abord d’un avis médical. Certaines causes d’un sommeil difficile se traitent, et l’hypnose ne les remplace pas. Si vous prenez un somnifère, ne l’arrêtez jamais sans en parler à votre médecin. L’hypnose vient en complément.
Retrouver des nuits qui reposent
Le but n’est pas de dormir parfaitement toutes les nuits. Personne ne le fait. Le but, c’est que la nuit redevienne un endroit où vous n’avez rien à faire, et que le gardien accepte enfin de s’asseoir.
Le cabinet HypnoVibes vous accueille à Lausanne. L’adresse exacte vous est communiquée lors de la prise de rendez-vous en ligne.
Je suis reconnu par la Fondation ASCA et membre de l’Association des Praticiens en Hypnose (APH). La plupart des assurances complémentaires ne remboursent pas encore l’hypnothérapie, même reconnue ASCA : pensez à vérifier votre couverture.
Tarifs : CHF 200 (première séance, 2h) · CHF 130 (séance de suivi, 1h)
Vous hésitez encore ? Les avis et témoignages des personnes accompagnées au cabinet donnent une idée concrète de ce qui se passe en séance.
L’hypnothérapie est une approche complémentaire et ne se substitue pas à un suivi médical ou psychologique.
Sources
- Office fédéral de la statistique (2024). Enquête suisse sur la santé 1997-2022 : Troubles du sommeil dans la population. Neuchâtel, octobre 2024. Communiqué du 3 octobre 2024 : https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home.assetdetail.32306009.html
- Riemann, D., Spiegelhalder, K., Feige, B., Voderholzer, U., Berger, M., Perlis, M., & Nissen, C. (2010). The hyperarousal model of insomnia: a review of the concept and its evidence. Sleep Medicine Reviews, 14(1), 19–31. https://doi.org/10.1016/j.smrv.2009.04.002
- Cordi, M. J., Schlarb, A. A., & Rasch, B. (2014). Deepening sleep by hypnotic suggestion. Sleep, 37(6), 1143–1152. https://doi.org/10.5665/sleep.3778
- Cordi, M. J., Rossier, L., & Rasch, B. (2020). Hypnotic suggestions given before nighttime sleep extend slow-wave sleep as compared to a control text in highly hypnotizable subjects. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 68(1), 105–129. https://doi.org/10.1080/00207144.2020.1687260
- Chamine, I., Atchley, R., & Oken, B. S. (2018). Hypnosis Intervention Effects on Sleep Outcomes: A Systematic Review. Journal of Clinical Sleep Medicine, 14(2), 271–283. https://doi.org/10.5664/jcsm.6952
